Avec Obama, une lune de miel de courte durée

Published by La-Croix
December 7, 2009

Président démocrate, Barack Obama devait marquer la rupture avec George W. Bush et renouer avec le sud du continent. Mais les intentions sont restées lettre morte

L’Amérique latine attendait beaucoup de Barack Obama. En avril dernier, le nouveau président américain s’était rendu au sommet des Amériques avec un message qui contrastait avec des décennies de tensions entre le nord et le sud du continent.

« Je sais que les promesses de partenariat n’ont pas été honorées dans le passé, et que la confiance doit se gagner avec le temps. Mais je vous promets que nous recherchons un partenariat d’égal à égal. Je suis ici pour entamer un nouveau chapitre d’engagement qui sera soutenu tout au long de mon administration », avait-il déclaré devant les 34 pays de la région, à l’exception de Cuba. Le message avait été bien accueilli.

Huit mois plus tard, l’espoir a laissé la place à la déception. Le premier test important pour la diplomatie américaine au Honduras a tourné au fiasco. Après avoir condamné le coup d’État contre le président déchu Manuel Zelaya, la secrétaire d’État Hillary Clinton a retourné sa veste, en reconnaissant les résultats des élections du 29 novembre. « Sa réaction a été immature et chaotique. Elle a agi comme si elle avait été nommée pour travailler sous un troisième mandat de George W. Bush », souligne Larry Birns, directeur du Conseil pour les affaires hémisphériques (Coha) à Washington.

Les États-Unis restent proches des régimes de centre droit
L’administration Obama serait-elle dépassée par les changements en cours en Amérique latine ? Le Brésil, devenu une puissance régionale, n’hésite plus à s’opposer aux États-Unis sur les dossiers de politique internationale comme le Honduras ou l’Iran. Et rien ou presque n’a changé dans l’approche qu’a Washington de ses voisins du Sud.

Sous la pression du Parti républicain, les États-Unis restent proches des régimes de centre droit comme la Colombie, le Pérou ou Panama. À l’inverse, peu a été fait pour se rapprocher des pays de gauche réunis au sein de l’Alba (Alternative bolivarienne pour les Amériques). Le président américain a bien desserré l’étau sur Cuba, en autorisant les Cubains-Américains à se rendre librement dans l’île et à y envoyer de l’argent. Une hypocrisie, selon Larry Birns, pour qui l’embargo, vieux de quarante-sept ans, est le vrai problème. Quant à sa relation avec le Venezuela, pays riche en pétrole, elle est purement intéressée.

Pour Peter Hakim, président de l’Inter-American Dialogue, un organisme politique qui se concentre sur le continent américain, « les relations hémisphériques ont pris une direction décevante durant la première année de l’administration Obama. S’il reste largement admiré dans la région, le président doit avoir appris à l’heure qu’il est que mettre en place une relation constructive avec ce groupe de pays ne sera pas facile. »

Stéphanie Fontenoy, à New York